Le fabuleux destin
de Jean-Pierre Poulin

Sa flûte diatonique à six trous, baguée et brevetée, est
fabriquée par une entreprise de Château-Renault




Les inventeurs sont souvent tournés en dérision, et ils en souffrent parfois: "Expliquez plutôt aux gens que nous avons plein d'idées dans la tête mais pas de fric!", a corrigé Louis Thomas, le président de l'Association des inventeurs et des créateurs de Touraine, qui tenait son assemblée générale samedi, aux halles de Tours.

Outre les moqueries, ils doivent faire face au "scepticisme" des industriels. Mais Jean-Pierre Poulin, 45 ans, appartient à la catégorie des inventeurs heureux. "Chanceux, plutôt", précise ce professeur de guitare qui vit à Château-Renault. "C'est la première chose que j'invente, et elle est fabriquée!".

Au printemps 2003, une première série de cent "flûtes Poulin" a été produite par Sima, une entreprise de mécanique basée à Château-Renault. "De petites bagues coulissantes permettent de réduire, où on veut, la taille des trous". Ainsi, le flûtiste peut varier les gammes à volonté. Jouer, par exemple, en "éolien tierce majeure 7e diminuée". Oups! "Oui, j'ai écrit une Petite Encyclopédie des Échelles et des Modes". Cette somme répertorie 1047 modes, 347 échelles et 24306 gammes, et Jean-Pierre Poulin l'a publiée il y a quelques mois à compte d'auteur. "De l'Inde du Nord au dodécaphonisme, du hard rock au système zarlinien, l'homme propose des milliers de pistes pour faire dériver les pentatoniques", a écrit un chroniqueur du magazine "Guitarist".

Le brevet des flûtes Poulin a été déposé en 2002. L'idée de la flûte à bagues, Jean-Pierre l'a eue en observant les harpes celtiques. "De petits leviers installés en haut des cordes permettent de jouer sur la tension de ces dernières". Appliqué à la flûte diatonique, ce principe permet au musicien d'obtenir des quarts de tons "comme dans les musiques orientales et arabes". Les flûtes Poulin sont vendues 28 € l'unité.


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